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Artisan RGE : comment le montrer sur votre site

Un particulier qui compte sur une aide à la rénovation vérifie que vous êtes RGE, et il le vérifie ailleurs que sur votre site. Depuis le 1er octobre 2026, un site qui propose des travaux de rénovation énergétique doit aussi renvoyer vers le service public France Rénov’. Voici comment présenter votre qualification pour qu’elle se vérifie en quelques secondes, avec les règles en vigueur au 22 octobre 2026.

Mis à jour le 2026-10-22 · Andrei Chirtes, 2Cafés

En bref. Pour permettre au client de vérifier chaque qualification RGE, nous vous conseillons d’indiquer l’organisme, le domaine de travaux couvert, le numéro du certificat et sa date de fin, avec un renvoi vers l’annuaire officiel. C’est un conseil de présentation : les textes cités ne vous obligent pas à publier le certificat RGE sur le site. Si votre site propose des travaux de rénovation énergétique, il doit aussi porter, depuis le 1er octobre 2026, le message d’information France Rénov’ et un lien vers le service public, que vous soyez RGE ou non.

Pourquoi le client vérifie : sans RGE, pas d’aide

RGE veut dire « reconnu garant de l’environnement ». C’est une qualification attribuée par domaine de travaux : isolation des combles, pompe à chaleur, menuiseries extérieures, chaudière bois… Une entreprise peut être RGE pour l’un et pas pour l’autre.

Le client s’y intéresse pour une raison très concrète : les principales aides à la rénovation énergétique exigent que les travaux soient faits par une entreprise RGE dans le bon domaine. C’est ce qu’on appelle l’éco-conditionnalité.

AideEntreprise RGE exigée ?Exceptions
MaPrimeRénov’ (rénovation d’ampleur et par geste)OuiRaccordement à un réseau de chaleur ou de froid ; protection solaire des parois en outre-mer (par geste)
Éco-prêt à taux zéroOui, avec la qualification adaptée aux travauxAssainissement non collectif
Prime énergie des fournisseurs (CEE)Oui—

Source : Service-Public, MaPrimeRénov’ et éco-PTZ, vérifiés le 1er septembre 2026 ; Service-Public, certificats d’économie d’énergie, consulté le 22 octobre 2026.

Deux détails de MaPrimeRénov’ touchent directement votre façon de travailler. Quand la qualification RGE est requise, vous devez faire une visite préalable du chantier, et sa date doit figurer sur le devis et sur la facture. Et le client doit attendre la confirmation de l’Anah avant de signer le devis et de faire démarrer les travaux, sauf urgence. Un client qui vous presse de commencer avant risque de perdre son aide. Les conditions par geste ont encore changé au 1er septembre 2026 : renvoyez le client vers le simulateur officiel plutôt que de lui promettre un montant.

Comment un particulier vérifie qu’un artisan est RGE

Un logo sur un site ou sur une camionnette ne prouve rien, et les particuliers le savent de plus en plus. Les vérifications sérieuses passent par trois endroits :

  1. L’annuaire officiel des professionnels RGE, sur le site France Rénov’ : recherche par nom d’entreprise, par type de travaux et par commune. Service-Public y renvoie directement.
  2. La liste des entreprises RGE publiée par l’ADEME sur data.gouv.fr, mise à jour chaque jour, avec le domaine de travaux de chaque entreprise.
  3. Le certificat de qualification lui-même, que le client peut vous demander, et qu’il recevra de toute façon avec le devis.

Source : Service-Public, annuaire des professionnels RGE ; ADEME, liste des entreprises RGE sur data.gouv.fr, mise à jour le 22 octobre 2026.

Ce dernier point est une obligation récente. Depuis le 1er janvier 2026, avant la signature du devis, l’entreprise doit indiquer au client par écrit, sur un support durable, si elle détient ou non un signe RGE. Si elle en détient un qui conditionne une aide, elle joint le certificat au devis. Si elle sous-traite, elle donne l’identité des sous-traitants, leur statut RGE et les justificatifs, et la chaîne est limitée à deux rangs de sous-traitance sur les chantiers aidés.

Source : FFB, « Anti-fraude : nouvelles règles applicables aux entreprises RGE », 12 janvier 2026, sur la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025.

Ce que votre site doit montrer

Le but est que le client retrouve en dix secondes, dans l’annuaire, exactement ce que votre site annonce. Tout écart, même de bonne foi, sème le doute.

Ce qu’on lit souventCe qui se vérifie
Le logo RGE en pied de pageL’organisme et le domaine : « RGE, qualification [organisme], isolation des murs par l’extérieur »
« Entreprise certifiée RGE »Le numéro du certificat et sa date de fin de validité
Une liste de tous les travaux de l’entreprise, RGE ou nonLes travaux couverts par la qualification séparés clairement des autres
RienUn lien vers l’annuaire officiel, pour que le client vérifie lui-même

Quelques règles pratiques :

  • Une ligne par qualification. Si vous êtes qualifié pour la pompe à chaleur et pas pour l’isolation, écrivez-le ainsi. Le client qui veut isoler saura qu’il doit chercher ailleurs, et ne vous en voudra pas.
  • La date de fin bien visible, et tenue à jour. Une qualification a une date de validité. Mettez un rappel le jour du renouvellement pour changer la date sur le site, sur la fiche Google et sur vos devis.
  • Des photos de chantiers de ce domaine. Une isolation de combles photographiée chez un client de votre secteur parle plus que le logo.
  • Jamais de qualification que vous n’avez pas, ou plus. Annoncer une qualification expirée ou un domaine non couvert trompe le client sur les aides, et la loi du 30 juin 2025 a renforcé les contrôles, jusqu’à la suspension ou au retrait du signe RGE.

Le même raisonnement vaut pour l’assurance décennale, qui se vérifie elle aussi : voir comment afficher son assurance décennale sur son site.

La mention France Rénov’, obligatoire depuis le 1er octobre 2026

C’est le point que beaucoup d’artisans ignorent encore. La loi du 30 juin 2025 contre les fraudes aux aides publiques a créé l’article L. 122-26 du code de la consommation : tout professionnel qui propose des travaux de rénovation énergétique, par une publicité ou un site internet, doit faire référence au service public France Rénov’. Un arrêté du 7 juillet 2026, publié au Journal officiel du 31 juillet, en fixe la forme. Il s’applique depuis le 1er octobre 2026.

Ce qu’il demande, pour un site :

  • le message « Avant de vous engager, le service public vous informe gratuitement pour préparer et sécuriser votre projet », suivi de l’adresse www.france-renov.gouv.fr ;
  • en ligne, une bannière cliquable, horizontale ou verticale, qui renvoie vers la page du service public, et qui s’affiche en même temps que le message promotionnel ;
  • si le format de la page ne permet pas la bannière, un encart image fourni par le service public ;
  • dans tous les cas, un lien vers cette page sur tout site qui propose des travaux de rénovation énergétique ;
  • un message lisible, distinct de votre publicité, ni masqué ni modifié.

Les dépliants, affiches et encarts imprimés sont concernés aussi : le message y prend la forme d’un bandeau horizontal en bas du support. La charte graphique et les fichiers sont fournis par le service public sur sa page destinée aux professionnels.

75 000 €Amende administrative maximale pour une entreprise (personne morale) qui ne respecte pas l’obligation de référence à France Rénov’. Elle va jusqu’à 15 000 € pour une personne physique.

Source : Anah, « Publicité pour la rénovation énergétique : obligation désormais de faire référence au service public France Rénov’ », 31 juillet 2026 ; texte de l’arrêté du 7 juillet 2026 (NOR ECOC2611290A).

Qui est concerné ? L’obligation vise les travaux de rénovation énergétique, quel que soit votre statut RGE. Un plombier qui installe des pompes à chaleur, un couvreur qui isole des combles, un menuisier qui change des fenêtres pour gagner en isolation proposent ce type de travaux, qualifiés ou non. Un carreleur qui ne fait que du carrelage n’entre pas dans ce champ. En cas de doute, mettez la bannière : elle ne coûte rien et rassure plutôt le client.

Ce qui change encore au 1er janvier 2027

Selon la Fédération française du bâtiment, à partir du 1er janvier 2027, une entreprise qui vend des travaux de rénovation énergétique aidés devra détenir elle-même un signe RGE, en plus de ses sous-traitants. Jusque-là, une entreprise non qualifiée peut encore les vendre en faisant appel à des sous-traitants RGE. Les modalités relèvent de textes d’application : vérifiez auprès de votre organisme de qualification ou de votre fédération avant de bâtir une offre sur ce schéma.

Une page par domaine qualifié

Le client cherche son travail, sa commune, et une entreprise qui ouvre droit aux aides. Une page de votre site consacrée à chaque domaine qualifié répond aux trois : le travail en titre, la zone d’intervention, la qualification avec son numéro, des photos, les étapes du chantier, et le renvoi vers France Rénov’ pour les aides. C’est la même logique que pour une page métier, détaillée sur ce que doit montrer un site de plombier ou un site de couvreur.

Ce que cette page n’a pas à faire : promettre un montant d’aide. Les barèmes changent souvent, et un chiffre faux sur votre site se retourne contre vous. Le simulateur officiel Mes aides réno est fait pour ça.

Questions fréquentes

Suis-je obligé d’afficher ma qualification RGE sur mon site ?

Les textes consultés au 22 octobre 2026 ne l’imposent pas sur le site. Ils imposent d’informer le client par écrit, avant la signature du devis, que vous détenez ou non un signe RGE, et de joindre le certificat au devis quand il conditionne une aide.

La mention France Rénov’ concerne-t-elle les artisans qui ne sont pas RGE ?

Oui. Elle vise tout professionnel qui propose des travaux de rénovation énergétique par une publicité ou un site internet, qualifié ou non, depuis le 1er octobre 2026.

Comment un client vérifie-t-il que je suis RGE ?

Dans l’annuaire officiel des professionnels RGE de France Rénov’, dans la liste de l’ADEME publiée sur data.gouv.fr, ou en vous demandant votre certificat, qui doit de toute façon être joint au devis quand il conditionne une aide.

Le logo RGE suffit-il sur mon site ?

Non. RGE s’attribue par domaine de travaux. Indiquez l’organisme, le domaine couvert, le numéro du certificat et sa date de fin, pour que le client retrouve exactement la même chose dans l’annuaire.

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