À quoi ressemble un bon site d’électricien
Le travail d’un électricien disparaît dans les murs. Le client ne verra qu’un tableau propre et des prises qui fonctionnent, et il doit pourtant vous choisir avant. Le site lui montre ce qu’il ne peut pas juger seul.
Mis à jour le 2026-10-22 · Andrei Chirtes, 2Cafés
Un électricien reçoit des appels très différents, et la page d’accueil doit savoir lequel elle sert en premier. Quatre reviennent sans cesse :
- La panne. Le disjoncteur saute dès qu’on lance le four, la moitié de la maison n’a plus de courant. Le visiteur cherche un numéro et veut savoir si vous passez aujourd’hui ou la semaine prochaine.
- La remise en état après un achat. Un couple vient d’acheter une maison ancienne et le diagnostic électricité remis par le vendeur aligne les anomalies. Il veut savoir ce qu’il faut refaire et combien de temps cela prendra.
- Le projet. Une rénovation complète, une extension, une borne de recharge, des radiateurs à changer. Celui-là compare deux ou trois entreprises et lit tout.
- Le professionnel. Un commerçant, un agriculteur qui équipe un bâtiment, un syndic. Il cherche quelqu’un qui tienne ses délais et réponde au téléphone.
Si l’essentiel de votre chiffre vient du dépannage, le numéro passe avant tout le reste. Si vous vivez surtout de rénovations, la page montre d’abord des chantiers terminés. Les deux se défendent. Une page qui hésite entre les deux ne convainc personne.
Le diagnostic électricité, une porte d’entrée qu’on oublie
Quand un logement dont l’installation a plus de quinze ans est vendu ou loué, le propriétaire doit fournir un diagnostic électricité. Ce rapport est établi par un diagnostiqueur certifié, pas par un électricien. Mais une fois la maison achetée, c’est vers un électricien que l’acheteur se tourne, le rapport à la main.
Source : Service-public.fr, « Diagnostic immobilier : état de l’installation intérieure d’électricité », page vérifiée le 17 septembre 2026.
Ce rapport suit une liste précise : appareil général de commande, protection différentielle, mise à la terre, protection de chaque circuit, salle d’eau. Une page de votre site qui reprend ces points dans l’ordre du rapport, et dit ce que vous faites pour chacun, répond exactement à la question de cet acheteur, au moment où il cherche quelqu’un. Un titre simple suffit : « Après un diagnostic électrique ».
Ce qui doit tenir dans le premier écran
Le premier écran, c’est ce que le téléphone affiche avant qu’on fasse défiler. On y met peu de choses, mais les bonnes :
- Le métier, la commune et le secteur. « Électricien à Gannat, dans un rayon de 25 km » se comprend en une seconde. Les communes citées sont celles où vous allez vraiment.
- Le numéro, cliquable, avec les heures où quelqu’un décroche. Si vous ne dépannez pas le soir ou le dimanche, écrivez-le. Celui qui tombe sur une messagerie sans explication appelle le suivant sur la liste.
- Ce que vous faites, en trois mots : dépannage, rénovation, neuf. Le détail vient plus bas.
- Votre qualification en toutes lettres, si vous en avez une, plutôt qu’un logo de la taille d’un timbre que personne ne déchiffre.
La photo d’un tournevis sur fond bleu peut partir. Elle ne dit rien que le titre n’ait déjà dit, et elle repousse le numéro sous la ligne de flottaison.
Les tarifs du dépannage, une obligation que peu de sites respectent
Pour les prestations de dépannage, de réparation et d’entretien chez les particuliers, la réglementation impose d’annoncer ses prix avant d’intervenir : taux horaire de main-d’œuvre TTC, façon de décompter le temps, forfaits éventuels, frais de déplacement, devis gratuit ou payant. L’arrêté du 24 janvier 2017 demande que ces informations soient aussi « aisément accessibles » sur tout espace en ligne dédié au professionnel. L’électricité figure en toutes lettres dans la liste des métiers concernés.
Source : Légifrance, arrêté du 24 janvier 2017 relatif à la publicité des prix des prestations de dépannage, de réparation et d’entretien dans le secteur du bâtiment, articles 2 et 3, consultés le 22 octobre 2026.
C’est aussi un argument. Un client en panne craint surtout la facture. Une page « Tarifs du dépannage » claire, avec le déplacement et l’heure de main-d’œuvre, le rassure avant même qu’il décroche.
Les preuves qui comptent chez un électricien
Un particulier ne sait pas juger un tableau électrique. Il sait vérifier un nom, une date, un numéro. C’est là-dessus que le site doit travailler.
Qualifelec et ses mentions
Qualifelec est l’organisme de qualification de la filière électrique. Ses qualifications sont rangées par domaine, du logement et petit tertiaire jusqu’à l’industrie, et peuvent porter des mentions comme IRVE ou RGE. Écrivez la qualification exacte et son domaine, puis renvoyez vers l’annuaire de l’organisme, où le client peut vérifier. Une qualification qu’on ne peut pas vérifier ne rassure personne.
La qualification IRVE pour les bornes de recharge
Installer une borne de recharge de plus de 3,7 kW est réservé aux entreprises qualifiées par un organisme agréé. Seuls les points de 3,7 kW au plus, dans une habitation privée et non ouverts au public, échappent à cette règle. Si vous posez des bornes, la qualification figure sur la page qui en parle : les clients renseignés la cherchent.
La mention RGE, quand vos travaux ouvrent droit à des aides
Les aides publiques à la rénovation énergétique exigent une entreprise RGE dès qu’une qualification existe pour le type de travaux. Le cadre bouge vite : depuis le 1er septembre 2026, les forfaits MaPrimeRénov’ par geste sont recentrés sur les pompes à chaleur, et les autres systèmes de chauffage n’y ont plus droit. Un électricien qui pose surtout des radiateurs ne doit donc plus promettre cette aide. Sur le site, décrivez vos travaux et laissez les montants au conseiller France Rénov’ : un chiffre écrit aujourd’hui sera faux dans six mois. Le guide artisan RGE : le montrer sur son site détaille la façon de le présenter.
La décennale et le Consuel
L’assurance décennale est obligatoire pour un électricien avant le premier chantier. Son attestation accompagne déjà vos devis ; sur le site, le nom de l’assureur et la zone couverte suffisent. Pour une installation neuve, ou entièrement refaite après une coupure du distributeur, une attestation de conformité visée par le Consuel est exigée avant la mise sous tension. Une phrase sur la page rénovation qui dit que vous vous en chargez lève une inquiétude que le client n’ose pas toujours formuler.
Montrer un travail qui disparaît dans les murs
Les photos sont plus difficiles chez vous que chez un couvreur ou un menuisier. Une prise posée ressemble à toutes les prises. Ce qui se montre vraiment :
- le tableau avant et après, pris du même endroit, avec des circuits étiquetés et lisibles ;
- les saignées et les gaines avant la fermeture des murs : c’est le seul moment où le client voit ce qu’il paie ;
- une borne posée dans un vrai garage, câble rangé ;
- un bâtiment agricole ou un commerce, si vous en équipez.
Une légende courte sous chaque photo vaut mieux qu’une galerie muette : la commune, l’âge du logement, ce qui a été fait. Par exemple « Maison des années 1960, tableau refait et mise à la terre reprise ». Le guide sur les photos de chantier pour son site explique comment les prendre au téléphone sans matériel.
Ce qu’on peut retirer sans rien perdre
La grille de vingt pictogrammes « prises », « interrupteurs », « éclairage » occupe un écran entier et n’apprend rien. Le long paragraphe sur la norme NF C 15-100 n’est lu par personne : une phrase qui dit que vous la respectez suffit. Les logos des marques de matériel parlent de fabricants, pas de vous. Retirez-les, et le numéro remonte d’autant.
Les erreurs qu’on voit le plus souvent
- Un secteur flou. « Allier et départements limitrophes » ne dit rien à quelqu’un de Lapalisse qui veut savoir si vous viendrez chez lui. Citez les communes.
- Un dépannage « 24 h/24 » qui ne l’est pas. Le client qui ne vous joint pas à 22 heures ne rappelle pas, et il peut laisser un avis.
- Un formulaire sans numéro à côté. Pour une panne, personne ne remplit de formulaire.
- Aucune page sur la borne de recharge alors que vous en posez. Celui qui la cherche sait déjà ce qu’il veut.
- Un logo de qualification périmée. Le client qui vérifie et ne trouve rien vous range parmi les entreprises douteuses.
Combien de pages pour un électricien
Une page d’accueil bien construite suffit à beaucoup d’entreprises. Ajoutez une page par activité qui vous fait vivre et qui se cherche à part : dépannage avec ses tarifs, rénovation, borne de recharge, et si vous le voulez « après un diagnostic ». Chaque page de plus doit avoir quelque chose de propre à dire. La page sur ce que coûte vraiment un site d’artisan présente les modèles de prix du marché. Pour une panne, la recherche passe souvent par Google Maps avant le site : la fiche Google de l’artisan compte autant que la page d’accueil. Si vous faites aussi de la plomberie, la page sur le site d’un plombier montre comment traiter l’urgence et le projet sur un même site.
Questions fréquentes
Faut-il afficher ses tarifs de dépannage sur son site ?
Oui, pour les prestations de dépannage, de réparation et d’entretien chez les particuliers. L’arrêté du 24 janvier 2017 impose que le taux horaire TTC, les frais de déplacement, les forfaits éventuels et le caractère gratuit ou payant du devis soient aisément accessibles sur tout espace en ligne dédié au professionnel. Une page « Tarifs du dépannage » suffit.
Qualifelec est-il obligatoire pour exercer ?
Non. Pour exercer, la loi demande un CAP, un BP ou un titre équivalent, ou trois ans d’expérience attestés par la chambre de métiers. Qualifelec est une qualification volontaire, mais une qualification de ce type devient nécessaire pour poser des bornes de recharge de plus de 3,7 kW et pour que vos clients touchent les aides à la rénovation énergétique.
Puis-je parler de bornes de recharge sur mon site sans mention IRVE ?
Seulement pour des points de recharge de 3,7 kW au plus, dans une habitation privée et non accessibles au public. Au-delà, la pose est réservée aux entreprises titulaires d’une qualification IRVE délivrée par un organisme agréé. Annoncer plus que ce que vous avez le droit de poser vous expose sans rien vous rapporter.
Dois-je parler du Consuel sur mon site ?
Sur la page rénovation ou construction neuve, oui, en une phrase. Une installation neuve, ou entièrement refaite après une coupure par le distributeur, doit être couverte par une attestation de conformité visée par le Consuel avant la mise sous tension. Dire que vous vous en chargez répond à une inquiétude fréquente des particuliers.
Votre site d’artisan, avec vos chantiers et votre secteur.
Nous le construisons avec vos photos et votre zone d’intervention, pour 790 €, puis 50 € par mois pour l’héberger et le suivre. Avant de décider, nous pouvons vous montrer une maquette gratuite de votre page d’accueil.