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Quoi écrire sur son site d’artisan : l’ordre, les phrases, les pièges

Un bon texte de site d’artisan tient en peu de mots, à condition de les mettre dans le bon ordre. L’ordre à suivre sur un téléphone, des phrases à rayer et d’autres à reprendre.

Mis à jour le 2026-10-22 · Andrei Chirtes, 2Cafés

Beaucoup de sites d’artisans se ressemblent à s’y méprendre : « passion », « savoir-faire », « qualité », « à votre écoute ». Ces mots ne coûtent rien à écrire, et le visiteur les saute. Il cherche trois réponses, dans cet ordre : est-ce que vous faites ce dont j’ai besoin, est-ce que vous venez chez moi, comment je vous joins. Tout le reste vient après.

En bref : en haut de la page, le métier, le secteur et le téléphone. Ensuite, la liste précise de vos travaux, la preuve (photos, assurance, avis), la façon dont ça se passe, et votre zone. Votre histoire en dernier, en quelques lignes. Chaque phrase doit contenir un fait.

L’ordre qui marche sur un téléphone

Votre visiteur lit sur un téléphone, souvent pressé. Il décide vite de rester ou de revenir à Google. Voici l’ordre à suivre, du haut vers le bas :

  1. Qui et où. Le métier et le secteur, en titre : « Plombier chauffagiste à Riom et alentour ».
  2. Comment vous joindre. Le numéro, cliquable, et qui décroche.
  3. Ce que vous faites. La liste de vos travaux, avec les mots des clients.
  4. La preuve. Photos de chantiers, assurance décennale, qualifications, avis.
  5. Comment ça se passe. Visite, devis, délais, déplacement.
  6. La zone. Les communes ou le rayon en kilomètres.
  7. Qui vous êtes. Quatre ou cinq lignes, pas plus.

Les mentions légales ferment la marche, sur une page à part reliée en bas de chaque page.

Des phrases à rayer, des phrases à écrire

La règle est simple : une phrase que n’importe quel concurrent pourrait signer ne vous sert à rien. Remplacez-la par un fait que vous seul pouvez écrire. Les exemples de droite sont des modèles : ne les reprenez que s’ils sont vrais pour vous.

À rayerÀ écrire à la place
L’excellence au service de votre habitatCouvreur zingueur à Bellenaves, sur un rayon de 30 km
Une large gamme de prestationsFenêtres PVC, alu et bois, volets roulants, portes d’entrée et de garage
Votre satisfaction est notre prioritéDevis écrit dans la semaine qui suit la visite
Une équipe de professionnels à votre écouteC’est Thomas qui décroche, du lundi au samedi matin
Fort de nombreuses années d’expérienceEntreprise créée en 2004 à Gannat
Intervention rapideRecherche de fuite le jour même quand vous appelez avant 10 h
Des matériaux de qualitéTuile de terre cuite de fabrication française, menuiseries posées avec compribande

Remarquez que la colonne de droite est souvent plus courte. Un fait se dit vite.

Le titre de la page : métier et secteur

Le titre est la phrase la plus lue du site. Il doit dire ce que vous faites et où, avec les mots qu’un client tape dans Google. « Maçonnerie générale et rénovation à Montluçon » fonctionne ; « Bienvenue sur notre site » ne dit rien à personne, ni au visiteur, ni à Google. Sous le titre, une phrase pour préciser : le type de clients (particuliers, agriculteurs, communes), ce qui vous distingue réellement (le neuf, l’ancien, la pierre, l’urgence).

Les travaux : avec les mots des clients

Un client n’écrit pas « travaux de second œuvre ». Il écrit « refaire salle de bain », « changer ballon d’eau chaude », « fuite toiture », « fenêtre qui ferme mal ». Reprenez ces mots. Si un terme technique est indispensable, expliquez-le une fois : « le solin, la bande qui assure l’étanchéité entre le toit et le mur ».

Pour chaque prestation, une ligne qui dit ce qu’elle comprend vraiment. « Rénovation de salle de bains : dépose de l’existant, plomberie, carrelage, meuble, en un seul interlocuteur » vaut mieux que trois mots. Les prestations qui font l’essentiel de votre chiffre méritent parfois leur propre page : voir combien de pages pour un site d’artisan.

La preuve : des faits, jamais des adjectifs

  • Vos chantiers en photo, avec une légende qui dit quoi, où et en combien de temps. La méthode est dans notre guide pour photographier ses chantiers au téléphone.
  • L’assurance décennale, avec le nom de l’assureur et la zone couverte. Ce que la loi demande et comment l’afficher : afficher l’assurance décennale sur son site.
  • Les qualifications que vous avez réellement (RGE, Qualibat, Qualifelec…), avec leur numéro ou leur date.
  • Les avis de vos clients, de préférence ceux de votre fiche Google, qui sont vérifiables. Un avis recopié sans source ne convainc personne.

Un chiffre que vous ne pouvez pas prouver se retourne contre vous. « 98 % de clients satisfaits » sans enquête derrière, ou « plus de 1 000 chantiers » sans registre, sont à proscrire : un client qui doute d’un chiffre doute de tout le reste.

Comment ça se passe : la partie qu’on oublie

C’est pourtant celle qui lève les hésitations. Un particulier qui n’a jamais fait appel à un artisan se demande : est-ce que le devis est gratuit, est-ce que vous vous déplacez, dans quel délai, faut-il verser un acompte ? Trois ou quatre lignes suffisent :

  • « Je passe voir le chantier, sans frais, dans un rayon de 25 km. »
  • « Le devis détaillé arrive par mail dans la semaine. »
  • « Pour une rénovation, comptez en ce moment deux à trois mois avant le début des travaux. »

Écrivez seulement ce qui est vrai, et mettez-le à jour quand vos délais changent.

La zone : des communes, pas une liste à rallonge

Indiquez votre rayon en kilomètres et les principales communes où vous travaillez, dans une phrase normale : « Nous intervenons autour de Saint-Pourçain-sur-Sioule, de Gannat à Varennes-sur-Allier. » Évitez le bloc de quatre-vingts noms de villages en bas de page : Google cite, parmi les exemples d’accumulation de mots-clés interdits par ses règles anti-spam, les villes et régions citées à répétition sur une page.

Source : Google Search Central, « Règles concernant le spam pour la recherche Google », section accumulation de mots clés, consultée le 22/10/2026.

Le reste du travail local, fiche Google et cohérence des coordonnées, est détaillé dans le guide du référencement local pour artisan.

Qui vous êtes : court et vrai

La page « Notre histoire » de dix paragraphes n’est lue par personne. Quatre ou cinq lignes suffisent : votre prénom, l’année de création, d’où vous venez, ce que vous aimez faire dans le métier, et une vraie photo de vous ou de l’équipe. Par exemple : « Après douze ans comme salarié chez un couvreur de Vichy, j’ai créé l’entreprise en 2019. Je travaille seul, avec un apprenti, et je fais surtout de la réfection de toitures anciennes. » Le visiteur sait à qui il aura affaire, et cela peut suffire à départager deux devis.

Le ton : comme sur le chantier

  • Vouvoyez le visiteur. Phrases courtes. Un fait par phrase.
  • Écrivez comme vous expliqueriez le chantier au client devant chez lui. Puis lisez à voix haute : une phrase sur laquelle vous butez est à couper en deux.
  • Pas de points d’exclamation, pas de mots entiers en majuscules.
  • Si un outil d’écriture vous aide, ajoutez ce qu’il ne peut pas savoir : vos communes, vos délais, vos chantiers, vos matériaux. C’est ce que Google appelle un contenu « axé sur les personnes », écrit par quelqu’un qui connaît le sujet de première main.

Source : Google Search Central, « Créer du contenu utile, fiable et axé sur les personnes », consultée le 22/10/2026.

Pour voir ces principes appliqués à un métier, lisez à quoi ressemble un bon site de plombier.

Questions fréquentes

Faut-il beaucoup de texte pour être bien placé sur Google ?

Non. Google indique ne pas privilégier un nombre de mots particulier. Une page courte qui répond précisément à ce que cherche le client vaut mieux qu’une longue page qui tourne autour.

Je ne sais pas écrire, comment faire mes textes ?

Utilisez la dictée vocale de votre téléphone : répondez à voix haute aux questions que vos clients posent au premier appel, puis relisez et coupez. Vos mots de tous les jours sont souvent les bons.

Puis-je reprendre le texte du site d’un confrère ?

Non : le texte appartient à son auteur, et il décrit une autre entreprise que la vôtre. Inspirez-vous de l’ordre des informations, jamais des phrases.

Faut-il écrire « je » ou « nous » ?

Si vous travaillez seul, « je » est plus honnête et plus chaleureux. « Nous » convient dès qu’il y a une équipe ; restez simplement cohérent sur tout le site.

Votre site d’artisan, avec vos chantiers et votre secteur.

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