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À quoi ressemble un bon site de serrurier

La personne qui cherche un serrurier est souvent sur son palier, la porte claquée derrière elle, le téléphone à 20 % de batterie. Elle a aussi entendu parler des factures qui triplent une fois la porte ouverte. Votre site a moins d’une minute pour lui prouver que vous êtes quelqu’un de vrai, du coin, avec des prix annoncés.

Mis à jour le 2026-10-22 · Andrei Chirtes, 2Cafés

Aucun métier du bâtiment n’arrive sur Google avec autant de méfiance que la serrurerie. Les clients ne l’inventent pas : les services de l’État contrôlent le dépannage à domicile tous les ans, et les résultats sont publics. Un serrurier honnête paie pour les autres. Son site est l’endroit où il peut faire la différence, à condition de montrer exactement ce que les fraudeurs cachent.

Ce que disent les contrôles de la DGCCRF

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) mène depuis des années une enquête nationale sur le dépannage à domicile : plomberie, serrurerie, chauffage, électricité. Les chiffres bougent peu d’une enquête à l’autre.

64 %des professionnels du dépannage à domicile contrôlés en 2023 étaient en anomalie : 350 sur 548. Le même taux était relevé en 2021, sur 545 établissements.

Source : DGCCRF, « Dépannage à domicile : gare aux arnaques », 8 juillet 2025.

La serrurerie arrive en tête des plaintes. Lors de l’enquête menée en 2019, la DGCCRF comptait 923 plaintes de consommateurs pour la serrurerie, devant la plomberie (694) et l’électricité (477), et relevait une hausse de 93 % des plaintes pour mauvaise information avant contrat dans ce métier.

Source : DGCCRF, « Dépannage à domicile : des pratiques abusives onéreuses pour les consommateurs », 25 février 2021.

La même administration distingue deux familles. D’un côté, des professionnels installés qui respectent l’essentiel des règles et dont les manquements viennent surtout de la méconnaissance. De l’autre, des opérateurs très mobiles, implantés surtout dans les grandes villes, qui dépensent beaucoup en publicité, changent souvent de raison sociale et se cachent derrière des plateformes en ligne. C’est dans cet écart que votre site se place.

Ce que font les fraudeurs, et que votre site fait à l’inverse

Le rapport publié en 2025 décrit précisément les procédés relevés sur les sites et les prospectus. Chaque ligne du tableau ci-dessous est un constat des enquêteurs ; la colonne de droite est la réponse qu’un site sérieux peut y apporter.

Constat de la DGCCRFCe que votre site montre
Une « myriade de sites » sans mentions obligatoires : identité, raison sociale, coordonnées, immatriculation, médiateur.Un seul site, à votre nom, avec le nom du gérant, l’adresse réelle de l’atelier, le numéro SIREN et le médiateur de la consommation, en pied de page sur chaque écran.
Une fausse implantation locale.Une adresse qu’on peut retrouver sur une carte, et une zone d’intervention en kilomètres ou en communes qui correspond à cette adresse.
Une fausse ancienneté.L’année de création, que le client peut recouper sur l’annuaire des entreprises en tapant votre SIREN.
Des logos de marques, de mairies ou de labels sans autorisation, y compris le logo RGE.Les seules qualifications que vous détenez, avec le moyen de les vérifier. Aucun logo d’institution.
Des sites sans information sur les prix du dépannage.Vos tarifs de déplacement et d’ouverture de porte, avec ce qui les fait varier.

Source : DGCCRF, enquête 2023 publiée le 8 juillet 2025.

Le dernier point est celui qui fait le plus de différence. La DGCCRF conseille aux particuliers de privilégier un professionnel qu’ils connaissent, de vérifier l’immatriculation et de comparer. Un site qui donne d’emblée ses prix et son SIREN leur évite de chercher.

Les prix : ce que la loi vous demande déjà

Afficher ses tarifs fait peur à beaucoup d’artisans, qui craignent d’être coincés. Pourtant, une bonne partie de ces informations doit déjà être donnée au client avant toute intervention. L’arrêté du 24 janvier 2017 sur la publicité des prix du dépannage impose au professionnel de communiquer, avant de conclure le contrat :

  • le taux horaire de main-d’œuvre toutes taxes comprises et la façon dont le temps est décompté ;
  • le prix des prestations forfaitaires, s’il y en a ;
  • les frais de déplacement ;
  • le caractère gratuit ou payant du devis.

Le devis détaillé est dû dès le premier euro, même en urgence. Les enquêteurs constatent régulièrement des devis remis seulement au-delà de 150 euros : c’est l’ancienne règle, abandonnée en 2017. Le guide sur les mentions obligatoires d’un devis d’artisan reprend la liste complète.

Source : DGCCRF, fiche pratique « Plomberie, serrurerie, chauffage… choisir le bon professionnel pour un dépannage à domicile », 1er juillet 2025.

Mettre ces informations sur votre site, c’est donc écrire en ligne ce que vous direz de toute façon sur place. La forme la plus lisible tient en un petit tableau : déplacement selon la zone, ouverture d’une porte claquée, ouverture d’une porte fermée à clé, remplacement d’un cylindre standard, majoration de nuit ou de week-end. Ajoutez une phrase sur ce qui fait monter la note, une serrure multipoints ou une porte blindée par exemple. Le client qui lit « ouverture de porte claquée : tel montant, sans casse dans la plupart des cas » sait à quoi s’attendre, et vous rappelle.

Le premier écran, celui qu’on lit sur le palier

Sur un téléphone, le visiteur voit environ 660 pixels avant de faire défiler. Pour un serrurier, tout ce qui suit doit y tenir :

  1. Le métier, la ville et votre nom. « Serrurier à Moulins, Julien et son équipe. » Un prénom réel rassure plus qu’une marque générique du type « Serrurier Express 24 ».
  2. Le numéro, cliquable, en gros. Un seul numéro, fixe ou mobile local, jamais un numéro surtaxé.
  3. Le délai réaliste et les horaires réels. Si vous ne sortez pas la nuit, dites-le. Un « 24 h/24 en 15 minutes » que vous ne tenez pas se retourne contre vous dans les avis.
  4. Le prix du déplacement et de l’ouverture la plus courante. Deux chiffres, pas plus, avec un lien vers le tableau complet.

Une photo de vous devant votre véhicule floqué, dans une rue que les gens du coin reconnaissent, fait le reste.

L’autre moitié du métier : la sécurité, sans urgence

Un serrurier ne vit pas que des portes claquées. Remplacement de serrure après un cambriolage ou un déménagement, pose de serrures certifiées A2P, porte blindée, contrôle d’accès en copropriété, reproduction de clés protégées : ces clients-là ne sont pas pressés, ils comparent, et ils lisent. Donnez-leur une section à part.

  • Expliquez la certification A2P en deux lignes : délivrée par le CNPP, elle classe la résistance d’une serrure à l’effraction en une, deux ou trois étoiles. Beaucoup de clients en ont entendu parler par leur assureur sans savoir ce qu’elle recouvre.
  • Montrez les marques que vous posez réellement et dites pourquoi vous les choisissez.
  • Parlez aux syndics et aux bailleurs si vous travaillez pour eux : contrat d’entretien, délai d’intervention, facturation. Ce sont souvent les clients les plus réguliers.

Les erreurs qui font passer un serrurier honnête pour un autre

Multiplier les sites par ville. Créer « serrurier-vichy », « serrurier-cusset », « serrurier-bellerive » avec le même texte est exactement ce que décrit la DGCCRF chez les opérateurs frauduleux. Google range ces pages parmi les « pages satellites » que ses règles contre le spam sanctionnent, et les clients finissent par les repérer aussi. Un seul site, avec la liste honnête des communes desservies, suffit.

Passer uniquement par une plateforme de mise en relation. Elle peut apporter du travail, mais le client ne sait plus qui viendra. Votre site et votre fiche Google, à votre nom, sont les seuls endroits où il vous voit, vous. Le guide sur les plateformes de mise en relation fait le compte de ce qu’elles coûtent.

Cacher le médiateur. L’absence d’information sur le médiateur de la consommation fait partie des manquements les plus relevés en 2023. C’est une ligne en bas de page, et le guide sur le médiateur de la consommation explique comment en désigner un.

Afficher des avis sans source. Trois citations sans nom ni date ressemblent à du faux, même quand elles sont vraies. Renvoyez plutôt vers vos avis Google, que le client peut lire lui-même.

Ce qu’on peut retirer

Les pages qui parlent de « serrurier agréé assurances » sans préciser de quoi il s’agit, les compteurs d’interventions, les drapeaux bleu-blanc-rouge, les photos de banque d’images montrant un serrurier en blouse devant une porte d’hôtel particulier. Tout ce qui ressemble à une publicité de boîte aux lettres rappelle au visiteur ce qu’il craint. Un site sobre, avec votre visage, vos prix et votre adresse, le rassure. Pour voir le même raisonnement appliqué au dépannage d’eau, la page sur le site d’un plombier traite l’urgence sous un autre angle.

Questions fréquentes

Suis-je obligé d’afficher mes prix sur mon site ?

Vous devez communiquer votre taux horaire, vos frais de déplacement et vos forfaits avant toute intervention. Les écrire sur le site revient à donner en ligne ce que vous direz sur place, et la DGCCRF relève l’absence de prix sur les sites de dépannage comme un défaut fréquent.

Puis-je créer un site par ville pour être mieux trouvé ?

Mieux vaut un seul site avec la liste réelle des communes desservies. Les sites en série au texte identique sont typiques des opérateurs que la DGCCRF sanctionne, et Google les range parmi les pages satellites que ses règles contre le spam sanctionnent.

Comment me distinguer des faux serruriers sur Google ?

Montrez ce qu’ils cachent : votre nom, l’adresse de l’atelier, le SIREN, le médiateur, vos tarifs et votre photo. Gardez la même adresse et le même numéro sur le site et sur la fiche Google.

Faut-il parler des serrures A2P sur mon site ?

Oui, si vous en posez. Expliquez en deux lignes ce que signifient les étoiles et indiquez les modèles que vous installez ; c’est une question que les clients se posent après un cambriolage.

Votre site d’artisan, avec vos chantiers et votre secteur.

Nous le construisons avec vos photos et votre zone d’intervention, pour 790 €, puis 50 € par mois pour l’héberger et le suivre. Avant de décider, nous pouvons vous montrer une maquette gratuite de votre page d’accueil.

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