Nom de domaine et adresse mail pro : les choisir et les garder à votre nom
Enregistré au nom d’un prestataire, votre nom de domaine reste entre ses mains le jour où vous voulez partir, avec votre site et vos mails. Comment le choisir, vérifier qu’il est bien à vous, et le garder.
Mis à jour le 2026-10-22 · Andrei Chirtes, 2Cafés
Le nom de domaine, c’est la partie qui suit le « www » et le « @ » : dans www.dupont-couverture.fr et contact@dupont-couverture.fr, c’est dupont-couverture.fr. Il porte à la fois votre site et vos mails. Il figure sur vos devis, votre camion, vos cartes, votre fiche Google. Le jour où il vous échappe, tout cela pointe vers quelqu’un d’autre.
En bref : votre entreprise doit être inscrite comme titulaire du nom de domaine. Un prestataire peut le gérer pour vous, il ne doit pas en être le titulaire. Gardez le code de transfert à portée de main, et ne laissez jamais le nom expirer.
Ce qu’on achète vraiment
Un nom de domaine ne s’achète pas une fois pour toutes. L’Afnic, l’organisme qui gère le .fr, le dit clairement : le titulaire obtient un droit d’utilisation exclusif pour une durée de 1 à 10 ans, renouvelable. Il passe par un bureau d’enregistrement, une société accréditée par l’Afnic (il en existe environ 300, en France et à l’étranger), qui fixe librement ses tarifs. L’Afnic donne un ordre de grandeur d’environ 12 € par an en moyenne pour un .fr ; méfiez-vous des prix d’appel la première année, et regardez le prix du renouvellement.
Trois rôles figurent dans l’enregistrement, et il faut savoir les distinguer :
- Le titulaire : la personne ou l’entreprise qui détient les droits sur le nom. Ce doit être vous.
- Le contact administratif : la personne à joindre pour les questions courantes. Ce peut être votre prestataire ; selon l’Afnic, il n’a alors aucun droit sur le nom.
- Le contact technique : en général le bureau d’enregistrement lui-même.
Source : Afnic, « Gérer son nom de domaine » et FAQ de l’Afnic, consultées le 22/10/2026.
Choisir le nom
Le bon nom se dicte au téléphone sans épeler et tient sur la portière d’un utilitaire.
- Le nom de l’entreprise, ou nom + métier. « dupont-couverture.fr », « plomberie-martin.fr ». Le client qui vous a croisé s’en souvient.
- Court. Chaque lettre en plus est une chance de faute de frappe dans une adresse mail.
- Le tiret est permis (lettres, chiffres et tiret sont les caractères de base). Il oblige seulement à dire « tiret » au téléphone.
- Un chiffre ? Si votre nom en contient un, enregistrez aussi la version en lettres : au téléphone, « 2 » et « deux » s’entendent pareil.
- Les accents sont acceptés en .fr depuis le 3 mai 2012. Une adresse mail accentuée reste pourtant mal comprise par certains logiciels et formulaires. Prenez la version sans accent comme adresse principale ; la version accentuée peut s’y ajouter.
- La commune dans le nom ne se justifie que si elle fait partie de votre identité. Le jour où vous travaillez trois cantons plus loin, « couvreur-vichy.fr » vous enferme.
- Jamais le nom d’un concurrent ni d’une marque : les règles de l’Afnic interdisent un nom qui porte atteinte aux droits de propriété intellectuelle d’autrui, et le titulaire de la marque peut en demander la récupération.
Le principe est « premier arrivé, premier servi ». Vérifiez tout de suite si votre nom est libre dans le Whois de l’Afnic, et enregistrez-le dès que vous êtes décidé.
.fr ou .com ?
Pour un artisan qui travaille en France, le .fr est le choix naturel. Il est ouvert aux entreprises dont le siège ou l’établissement principal est dans l’Union européenne, en Islande, au Liechtenstein, en Norvège ou en Suisse, et aux particuliers qui y résident. Le .com en plus n’a d’intérêt que si quelqu’un risque de le prendre pour capter vos clients.
Source : Afnic, « Acheter et créer un nom de domaine » et « Pourquoi choisir le .fr », consultées le 22/10/2026.
À votre nom, et pas à celui du prestataire
C’est le point qui coûte le plus cher quand il est raté. Un prestataire qui enregistre le nom à son propre nom, par commodité ou par calcul, garde la main dessus. Si vous voulez partir, il faut obtenir son accord pour récupérer votre propre adresse. Avec une formule de site loué, la question se pose d’autant plus : lisez notre guide site loué ou site acheté avant de signer.
Comment vérifier. Tapez votre nom de domaine dans le Whois de l’Afnic. Il affiche le titulaire et le bureau d’enregistrement. Si vous êtes entrepreneur individuel, vos données personnelles sont masquées par défaut (« diffusion restreinte ») : le titulaire n’apparaît pas. Dans ce cas, demandez à votre bureau d’enregistrement, ou à l’Afnic une attestation de titularité, qu’elle délivre au titulaire lui-même.
Quatre questions à poser à votre prestataire, par écrit :
- Qui est inscrit comme titulaire du nom de domaine ?
- Chez quel bureau d’enregistrement est-il, et à quelle date expire-t-il ?
- Me remettrez-vous le code de transfert sur simple demande ?
- Qui a l’accès administrateur à la messagerie ?
Le plus sain : un compte chez le bureau d’enregistrement ouvert à votre nom, avec votre adresse mail et votre carte bancaire, auquel vous donnez un accès à votre prestataire.
Partir avec son nom : le code AUTH_INFO
Changer de bureau d’enregistrement est possible à tout moment. Il faut pour cela le code AUTH_INFO, une sorte de mot de passe du nom de domaine, créé par le bureau d’enregistrement. L’Afnic précise qu’il est gratuit et que sans lui, le transfert ne peut pas être demandé. La marche à suivre :
- récupérer le code auprès du bureau actuel (souvent dans l’espace client) ;
- choisir un nouveau bureau d’enregistrement dans la liste de l’Afnic ;
- y demander le transfert, payer, et donner le code.
L’ancien bureau dispose de 8 jours pour accepter ou refuser, avec une prolongation possible de 22 jours ; sans réponse, le transfert se fait. Si c’est votre ancien prestataire qui est titulaire, il faut une transmission, qui demande sa validation. En cas de blocage, l’Afnic propose une procédure de règlement des litiges, la Parl, qui peut être engagée même sans connaître l’identité du titulaire.
Ne jamais le laisser expirer
Un nom non renouvelé est supprimé. Le site s’arrête, les mails ne passent plus.
Source : Afnic, « Gérer son nom de domaine », consultée le 22/10/2026.
Trois précautions suffisent : activer le renouvellement automatique, tenir à jour la carte bancaire du compte, et indiquer comme adresse du titulaire une adresse qui ne dépend pas du nom de domaine lui-même. Si le seul contact est contact@dupont-couverture.fr et que le nom expire, l’avertissement arrive dans une boîte qui ne reçoit plus rien.
L’adresse mail pro
Une adresse à votre nom de domaine, comme contact@dupont-couverture.fr, a deux avantages concrets sur dupont.couverture63@gmail.com : elle reprend le nom du site, ce qui rassure, et elle vous suit si vous changez de prestataire, tant que le nom de domaine vous appartient.
- Une adresse simple pour les demandes : contact@ ou devis@. Une adresse au prénom pour chaque personne qui répond.
- La messagerie est hébergée quelque part : chez l’hébergeur du site, ou dans un service de messagerie à part. Demandez où, et qui en a l’accès administrateur. Le mot de passe de votre boîte doit être le vôtre.
- Les réglages anti-spam (enregistrements appelés SPF, DKIM et DMARC) aident les messageries de vos clients à faire confiance à vos mails. Votre prestataire doit les poser ; demandez-lui s’ils le sont, surtout si vos devis arrivent dans les indésirables.
- Le passage en douceur. Gardez l’ancienne adresse Gmail ou Orange quelques mois et faites-la suivre vers la nouvelle, le temps que vos clients et fournisseurs mettent à jour.
Attention lors d’un changement d’hébergeur : les réglages de messagerie du nom de domaine doivent être reportés le jour de la bascule, sinon les mails cessent d’arriver. C’est l’un des points à vérifier pour refaire un vieux site sans perdre ce qu’il rapporte.
La fiche à garder dans un tiroir
Notez une fois pour toutes, et gardez avec vos papiers d’entreprise : le nom de domaine, le bureau d’enregistrement, l’identifiant du compte, la date d’expiration, l’endroit où est hébergée la messagerie et qui y a accès. Les mots de passe vont dans un gestionnaire de mots de passe, pas sur la fiche. Le nom de domaine apparaît aussi dans vos mentions légales, avec l’hébergeur du site. Pour les autres questions de propriété du site, voir aussi les questions qu’on nous pose.
Questions fréquentes
Mon prestataire a enregistré mon nom de domaine à son nom, que faire ?
Demandez-lui par écrit une transmission du nom à votre entreprise, qu’il doit valider auprès de son bureau d’enregistrement. En cas de refus, l’Afnic propose une procédure de règlement des litiges, la Parl.
Combien coûte un nom de domaine en .fr ?
Les prix sont libres et fixés par chaque bureau d’enregistrement. L’Afnic donne un ordre de grandeur d’environ 12 € par an en moyenne ; comparez le prix du renouvellement, pas seulement celui de la première année.
Puis-je garder mon adresse mail si je change de prestataire ?
Oui, si le nom de domaine est à votre nom. Il faut alors transférer ou reconfigurer la messagerie le jour du changement, et récupérer vos anciens messages avant de fermer l’ancienne boîte.
Faut-il prendre un .fr ou un .com ?
Pour un artisan qui travaille en France, le .fr suffit. Le .com en plus n’a d’intérêt que pour éviter qu’un autre le prenne.
Que se passe-t-il si j’oublie de renouveler mon nom de domaine ?
Le site et les mails s’arrêtent. Le nom entre en période de rédemption de 30 jours pendant laquelle vous pouvez le récupérer par votre bureau d’enregistrement ; ensuite il redevient libre pour tout le monde.
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